Chapitre VI -- Partie 3

Chapitre VI -- Partie 3

Hémett croisa ses mains devant lui, le visage impénétrable. Tenea ne savait pas trop où se mettre, mais le surieur avait les yeux perdus dans le vague et ne semblait plus faire attention à elle. Pendant tout le récit, il était resté impassible, mais la jeune fille avait vu ses yeux devenir de plus en plus sombres à mesure que grandissait sa colère. Soudain, Hémett abattit son poing sur la table, tellement violemment que Tenea sursauta. L'écho retentit longtemps entre les colonnes de marbre de la salle. Le supérieur se leva brusquement et tonna:

- Je ne
permettrais plus jamais ça!

Il
planta alors la jeune fille et sortit d'un pas rageur vers le couloir blanc.
Te
nea ne l'avais jamais vu perdre son calme de cette manière, et se souvint alors qu'il était, comme elle, très proche de Donnante. Elle souffla et contempla la salle d'un air absent. Le vide insondable qui peuplait son être depuis la nuit dernière semblait setrécir petit à petit, laissant place à une colère et une rage sans nom. Elle sortit à son tour de la salle. Son intérieur bouillonnait tellement que la blancheur éclatante du couloir n'eut aucun effet sur elle. Le brouhaha du grand salon l'accueillit quant elle écarta d'un geste les portes de bois sombre. Quelques visages se tournèrent vers elle alors qu'elle longeait à grands pas les longues tables de dîner. La jeune fille aperçut enfin Olèm, en compagnie de Maxime. Elle s'approcha et s'assit à coté de lui sur le banc puis tira vers elle une assiette sur laquelle trônait une pièce de viande sanguinolente:

-Tu v
as mieux que tout à l'heure on dirait... Est-ce que ça veut dire que je vais enfin savoir ce qu'il se passe dans ta tête?

Tenea salua Maxime puis hocha la tête à l'attention de son ami. Elle commença à manger avec appétit. Pour la tâche qui l'attendait, elle aurait besoin de toutes ses forces.


L
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# Posté le mercredi 12 décembre 2007 14:02

Modifié le mardi 28 octobre 2008 07:35

Chapitre VI -- Partie 4

Chapitre VI -- Partie 4


Pour la deuxième fois, les portes de chêne du grand salon s'ouvrirent brusquement, mais le silence fut alors immédiat. Les couverts furent rapidement reposés et un grand bruit de raclement résonna dans la salle alors qu'une centaine de sièges s'écartaient des tables. Tous les Ombrères présents se tournèrent et s'inclinèrent avec respect devant les trois supérieurs. Hémett les fit se rasseoir et ils s'avancèrent en silence vers l'estrade au bout de la salle. En passant devant elle, le supérieur lui jeta un regard inexpressif et la jeune fille compris à sa mine sombre que leur annonce serait de très mauvaise augure pour tous. La tension était palpable et les corps s'étaient raidis sous les vêtements noirs. Olèm se tourna imperceptiblement vers Tenea et celle-ci répondis d'un battement de cils.

-Mes
amis...

La voix d'Héme
tt avait retenti dans le salon, moins puissante qu'habituellement. Le malaise de la jeune fille n'en fut que plus grand.

- L'heure
est grave. Vous l'avez tous pressenti...Le vent nous apporte le triste message de la guerre, et le sang a déjà trop coulé. Le sang des nôtres. Il souille le sol de la cité et les lames de nos ennemis. Cela doit cesser une fois pour toute!

Des mu
rmures affirmatifs parcoururent l'assemblée. Tous avaient compris où les supérieurs voulaient en venir. L'odeur de la mort commencerait très bientôt à planer dans l'air.

-Il y a de
ux jours, nos frontières ont été vaincues. Les vies de nombres de nos amis ont été prises. En ce moment même, des êtres infâmes rôdent sur notre territoire. Nul ne sait quel sombres desseins ils ont en tête, mais il ne faut pas les laisser nous nuire de nouveau!

Cette fois, de réelle
s exclamations jaillirent des rangs. Tenea sentit la rage la gagner, ainsi qu'une joie morbide. Elle allait enfin pouvoir venger la mort de son père, à l'aide de lames tranchantes.

-Demain soir, la lune sera témoi
n de notre victoire! Les corps de nos ennemis joncheront ces rues qu'ils ont impunément arpentées! Préparez vous mes amis, brandissez vos armes, et que coule le sang de ceux qui nous détruisent depuis trop longtemps!

Olèm
leva le poing en signe de victoire, rapidement imité par toute la salle. L'excitation avait gagnée chacun des Ombrères.
Leodra s'avan
ça et lança d'une voix calme:

-L'
attaque sera organisée dans les moindres détails. Les généraux vous en informerons en temps et en heure. Pour le moment, contentez vous de recouvrer vos forces. N'oubliez pas qu'une bataille signifie des pertes...Des deux cotés...



Le
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# Posté le vendredi 14 décembre 2007 12:58

Modifié le mardi 28 octobre 2008 07:35

Chapitre VII -- Partie 1

Chapitre VII -- Partie 1
Chapitre 7
L'envol du papillon







Margaux posa
sa fourchette et garda les yeux baissés. La question ne tarda pas.

-Tu ne finis pas
?

La jeun
e fille secoua la tête avant de grommeler un « non » étouffé.

-Dans ce
cas, monte te coucher.

Margaux se leva précipitamment et sortit de la cuisine, sans un regard pour sa tante. Le poids qui pesait sur elle ne voulait cependant pas diminuer. Encore cette indifférence, ces piques glacées qu'on lui jetait constamment à la figure... Jamais elle ne s'était sentie aussi désespérément inutile... Arrie dans sa chambre, la jeune fille scroula sur le sofa. Son corps tout entier était compressé par une force invisible. Elle devait faire quelque chose, dire quelque chose, et vite.. Elle allait exploser...Vite, faire quelque chose, n'importe quoi... Margaux se leva, et avec un hurlement de rage et de désespoir, elle abattit son poing sur la table basse. Le verre se brisa dans un fracas assourdissant, faisant jaillir des milliers de débris scintillants qui vinrent se perdre dans le tapis blanc. Les éclats coupants lui entaillèrent profondément la main, du pouce jusqu'au poignet. La jeune fille resta là, haletante, le bras ballant contre le cadre fissuré de la table.
Les grosses gouttes de sang tombant de sa blessure formèrent bientôt une flaque écarlate et brillante. Margaux se sentait complètement vidée. Pour la première fois, elle s'était voltée, contre elle-même, contre les autres... Elle avait senti au fond d'elle-même que ses limites avaient été atteintes, et qu'elle ne pourrait en supporter plus. Son corps était parcouru de tremblements incontrôlables, mais ses yeux restèrent secs. La jeune fille se leva prudemment, contemplant avec un certain étonnement son poing meurtri. Ainsi, la douleur était le prix à payer pour être libre. Une détermination nouvelle émergea du fond de son être. Elle souffrirait autant qu'il faudrait, mais elle serait libre... Un jour...


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# Posté le samedi 22 décembre 2007 06:58

Modifié le mardi 28 octobre 2008 07:36

Dessin 8

Dessin 8

Enc
ore un dessin, réalivite fait quand j'avais le temps...

Il a un peu lete de traviole, mais bon, je suis assez contente du résultat!!!^^

Bo
n comme d'hab...la question: Vous en pensez Quoi????^^

# Posté le samedi 29 décembre 2007 06:43

Modifié le mardi 28 octobre 2008 07:37

Chapitre VII -- Partie 2

Chapitre VII -- Partie 2
et oui, j'ai finalement trouvé le temps de mettre la suite!!!( fière...:P) Donc je vous laisse la lire (en plus j'ai fait des efforts, elle est plus longue que d'habitude!!!^^)






Margaux pressa le bandage et appl
iqua un bout de ruban adhésif pour le maintenir en place. Elle grimaça quand ses plaies se mirent à brûler sous l'action de l'antiseptique. La jeune fille jeta un coup d'½il dans le salon. Les débris de verres scintillaient sous la lumière de la lune qui tombait en taches blafardes sur le tapis. Elle nettoierait le lendemain.
Elle sou
pira et s'appuya contre le lavabo. Sa tante avait forcement entendu le bruit, mais elle n'avait pas donné signe de vie. Margaux savait que dans quelques jours, une table neuve ornerait le salon, et que Mme Collens se contenterait de lui jeter des coups d'oeils encore plus méprisants.
La jeune fille p
ressa ses paumes contre ses paupières closes. Ne pas pleurer... Surtout ne pas pleurer... Au pris d'un immense effort, elle se redressa et se dirigea vers sa chambre. Là, elle sortit son carnet à dessin et commença à griffonner. Ses blessures la firent souffrir et elle dû vite lâcher son crayon. Margaux se laissa aller contre son dossier, les yeux dans le vague. Elle se demandait encore pourquoi elle avait perdu son sang froid, aussi brutalement, comme si son corps s'était de lui-même révolté contre son esprit. Jamais encore elle n'avait manifesté la moindre résistance. La jeune fille avait accepté son triste sort depuis longtemps; et aujourd'hui, tout s'écroulait autour d'elle. Inexplicablement, elle sentait que quelque chose commençait à changer, au plus profond de son être. Son acte avait marqué une première coupure dans la camisole qui la retenait depuis son enfance. Et bientôt, elle se déchirerait, et Margaux pourrait enfin devenir quelque chose...Quelqu'un...
Elle sursauta et
se tourna rapidement vers le salon, brusquement arrachée de ses pensées. Ses rêves de liberté reculèrent petit à petit, laissant place à une angoisse qui monta par vague jusqu'à atteindre le c½ur de Margaux. Elle se leva fébrilement et se dirigea vers la porte, frissonnante. Sans pouvoir l'expliquer, la jeune fille sentait que quelque chose manquait. Elle tourna sur elle-même, jetant des regards inquiets dans la pièce froide, et poussa un cri lorsque ses pieds rencontrèrent un objet glacé et coupant. Margaux s'accroupit, levant devant elle son pied ensanglanté. Et elle comprit brusquement. L'éclat scintillant du verre s'était éteint. La jeune fille leva lentement les yeux vers la baie vitrée. Dehors, le ciel était noir d'encre. La lune, les étoiles avaient disparues, laissant place à une immensité sombre. Comme si un corbeau d'ébène avait tendu son aile brillante au dessus du monde. D'incontrôlables frissons s'emparèrent de Margaux. Elle se leva maladroitement et commença à reculer vers sa chambre, ne pouvant supporter davantage la vision de ce ciel mutilé. Ses pieds laissaient des traces écarlates sur le tapis. La jeune fille fit alors volte face et se rua vers son lit. Dans sa précipitation, elle trébucha contre la chaise et s'écroula sur la sol. Sa tête heurta violemment le pied du lit et elle perdit connaissance, quittant une abîme noire pour une autre, toute aussi terrifiante.


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# Posté le samedi 29 décembre 2007 11:05

Modifié le vendredi 20 mars 2009 13:41