Tenea ouvrit les yeux et se redressa péniblement sur ses coudes. Elle avait l'impression qu'elle venait de faire une chute de plusieurs étages. La jeune fille dégagea de la main ses cheveux noirs collés sur son front par la pluie torrentielle qui s'abattait autour d'elle. Elle avait atterrit dans une rue sombre aux bâtisses délabrées. Un environnement qu'elle connaissait bien. La Cité. Un bruissement derrière elle la fit sursauter. On approchait. La jeune fille se leva précipitamment, oubliant sa douleur, et se tapit dans l'ombre d'une vieille maison écroulée. Quelques secondes après, une dizaine de silhouettes noires apparurent au bout de la rue. Ils marchaient tranquillement mais silencieusement. Tenea retint son souffle, mais ne pût retenir une exclamation en reconnaissant des siens. Il y avait cinq passeurs d'ombre et trois combattants. Tous portaient des cagoules noires qui leur masquaient le visage. La jeune fille sortit de sa cachette avec soulagement, mais bizarrement, aucun d'eux ne s'arrêta, ni même ne jeta un regard dans sa direction. Étonnée, Tenea se planta devant eux et les salua poliment. Ceux-ci l'ignorèrent royalement et continuèrent, imperturbables, leur marche. Soudain, une voix féminine s'éleva dans la nuit. L'une des passeuses d'ombre parlait à son voisin.
« Il n'y a rien, je ne vois vraiment pas l'intérêt de cette ronde... »
Tenea se figea. Elle avait reconnu cette voix, et refusait d'y croire. L'homme répondit:
« D'habitude, tu te plaints du manque d'action, voici l'occasion d'en avoir un peu. Alors arrête de râler tu veux? »
«Ouais, ben en attendant... » Grommela la jeune fille.
Et elle retira d'un coup sec sa cagoule, faisant danser ses courts cheveux noirs autour de son visage.
Tenea ne pût s'empêcher de reculer,refusant de croire ce qu'elle voyait. Elle se trouvait en face d'un sosie, en face d'elle même...



