Chapitre I -- Partie 5

Chapitre I -- Partie 5


La rue était sembla
ble aux précédentes. Les mêmes façades délabrées aux fenêtres opaques de crasse se dressaient de chaque coté de la route sombre, uniquement éclairée par la lumière laiteuse de la lune. Quelques rares volets moisis pendaient misérablement sur leurs gonds rouillés. Le sinistre décor était des plus oppressants, et pas seulement à cause des vieilles bâtisses abandonnées. Il régnait dans ces rues une atmosphère lourde, inquiétante. Dans l'air flottait un parfum étrange, qui donnait à cette ville fantôme un aspect encore plus morbide. Un parfum de mort.

T
enea arracha d'un coup sec une planche condamnant une fenêtre et s'appuya dessus comme sur une béquille. La pluie continuait de tomber drue et la jeune fille était prise d'incontrôlables frissons. Elle commença néanmoins à avancer en boitillant.

El
le déambula pendant des heures avant de s'arrêter, épuisée et au bord de l'évanouissement, au milieu d'une rue étroite. Une forme sombre se détachait du mur sur sa gauche et Tenea reconnut l'enseigne miteuse d'un pub abandonné. Son ur eut un raté avant de repartir de plus belle. Elle était déjà venue ici, il y avait longtemps. Un souvenir flou germa dans son esprit. La jeune fille choisit alors de se laisser guider par son instinct, et elle repartit. Sa jambe lui faisait atrocement mal mais elle s'efforçait d'ignorer la douleur. Ce ne fut qu'après ce qui lui sembla une éternité que Tenea s'arrêta devant une bâtisse de briques grisâtres aux étroites fenêtres condamnées. Une maison semblable à toutes les autres; pourtant la jeune fille y pénétra en refoulant des larmes de soulagement. L'intérieur était aussi sale et miteux que le laissait supposer la façade. Les murs fissurés suintait d'humidité, et portaient encore par endroits des lambeaux de papiers peints moisis aux couleurs éteintes. Un tapis de poussière recouvrait le sol et les débris divers qui le jonchaient.

Tenea se dirigea comme un automate vers le fond de la maison et poussa une porte branlante rongée par les mites qui s'ouvrit dans un grincement sinistre. La jeune fille entra dans un petit débarras. L'unique armoire était renversée sur le sol et son contenu s'étalait partout dans la petite pièce. Avec une grimace de douleur, Tenea l'envoya s'écraser contre le mur du fond et se laissa tomber à genoux. Elle dégagea la poussière du sol avec le bras et découvrit une lourde trappe de fer blindé, totalement déplacée dans cet environnement ancien et décrépi. La jeune fille la souleva sans hésitation et descendit dans le tunnel noir sous ses pieds. A peine arrivée, la trappe se referma doucement et des néons ronronnèrent en clignotant, diffusant une lueur blafarde sur les murs de fer lisse du tunnel. Tenea effleura des ses doigts blancs et fins les parois autour d'elle.
Pe
ut-être qu'ils la trouveraient, peut-être qu'ils la tueraient, mais elle n'en pouvait plus. Incapable d'atteindre le bout du tunnel, la jeune fille prit appui sur le mur. Ses jambes se mirent à trembler tandis que la fatigue et l'angoisse de la nuit tombaient sur elle comme une masse. Elle glissa petit à petit et sombra dans l'inconscience avant même de toucher le sol.


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# Posté le dimanche 11 novembre 2007 10:35

Modifié le mardi 28 octobre 2008 07:18

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...
Enfin le chapitre 1 est fini!!! Il était plutôt long j'avoue! Les prochains le seront sans doute moins!!

Même si je n'ai pas beaucoup le temps d'écrire en semaine, j'éspère quandme réussir à mettre au moins un article par semaine!!

Voilà je vous laisse à votre lecture!!

# Posté le dimanche 11 novembre 2007 10:56

Modifié le dimanche 25 mai 2008 12:32

Chapitre II -- Partie 1

Chapitre II -- Partie 1

Chapitre 2
Après l'inconscience






« Tenea »

Un murmure s'
insinua dans l'esprit embrumé de la jeune fille. Les eaux noires de sa conscience l'enveloppaient dans leur chaleur réconfortante et guérissaient petit à petit son corps brisé.

«
Tenea »

L
es ténèbres reculèrent un instant, comme hésitantes, mais la jeune fille s'enfonça davantage dans cette ombre chaude qui étouffait le reste: la douleur, le froid habituel...

« TENEA ! »

L'a
ppel avait claqué comme un fouet dans son esprit. La chaleur quitta le corps de la jeune fille qui fut pris d'un violent frisson et se raidit instinctivement. Quelque chose la saisit et la secoua. Avec un grondement de rage, Tenea se redressa et tendit les bras devant elle. Ses mains se refermèrent sur un objet circulaire et froid, d'une texture veloutée. Elle ouvrit les yeux. Pendant une fraction de secondes, rien ne changea, puis des taches de couleur apparurent autour d'elle jusqu'à former un décor familier. Tenea se trouvait dans sa chambre, et ce qu'elle serrait entre ses doigts froids n'était autre que le cou musclé d'un jeune garçon penché sue elle. Ses cheveux noirs de jais tombaient en mèches désordonnées autour de son visage gracieux. Deux yeux gris foncés la fixaient, vides d'émotion tandis que la bouche du jeune homme était étirée en un sourire moqueur que Tenea connaissait bien.

-Olèm...M
urmura-t-elle d'une voix rauque.

-O
ui c'est bien moi, et maintenant aurais tu la gentillesse de lâcher mon cou s'il te plaît? Ça commence à me chatouiller...

La jeun
e fille s'executa. Ses doigts laissèrent des empreintes blanches sur la peau du garçon. Elle se laissa tomber sur ses coussins avec un soupir las. Pourquoi avait-il fallut qu'il la réveille; sa tête lui tournait et elle se sentait nauséeuse.

-Quelle heure est-
il? S'enquit Tenea.

-Deux heures pa
ssées. L'heure pour toi d'aller voir les supérieurs. Ils t'attendent.

Tenea se tourna vers son ami, mais celui-ci semblait sérieux pour une fois. La jeune fille sentit un malaise inexpliqué grandir en elle.

-Et..
.Pourquoi désirent-ils me voir?

Ol
èm pâlit subitement et Tenea comprit qu'il ne s'attendait pas du tout à cette question.

-Tu...Tu ne te sou
viens pas de...De ce qu'il s'est passé?

L'air interr
ogateur de la jeune fille donna à Om sa réponse. Celui-ci expliqua maladroitement qu'elle avait été ramenée à la demeure dans un triste état et qu'elle était restée inconsciente deux jours. Tenea haussa les sourcils. Il fallait qu'elle vérifie.
Ave
c précaution, elle se leva et se dirigea vers l'armoire noire laquée appuyée contre un des murs sombres de la pièce. Les tiroirs s'ouvrirent silencieusement et une lumière tamisée s'alluma, dévoilant une collection de tenues noires en cuir ou tissu. Un miroir glissa silencieusement sur des rails de fer et Tenea retint un hoquet de stupéfaction en croisant son regard. Son visage était tellement pâle qu'il en devenait translucide, encadré par de courts cheveux noirs, emmêlés et sales. Mais le pire étaient les yeux. Entièrement gris, témoins de son traumatisme. Sa main tâta ce visage méconnaissable et elle murmura d'une voix aussi blanche que ses lèvres tremblantes:

-
Je ne me souviens plus de rien...


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# Posté le dimanche 11 novembre 2007 12:38

Modifié le dimanche 19 avril 2009 09:32

Chapitre II -- Partie 2

Chapitre II -- Partie 2
Olèm vint poser une main réconfortante sur l'épaule mince de la jeune fille.

-Les supérieurs auront des réponses.

I
l s'éloigna en direction de la porte mais se retourna au moment de la franchir.

-M
ais si j'étais toi, je me laverais d'abord. J'ignore où tu as traînée l'autre nuit mais ton odeur n'est pas des plus agréable.

S
ur ces paroles, il laissa son amie, non sans lui avoir décoché son fameux sourire moqueur avant de fermer la porte derrière lui.
L
a jeune fille haussa les sourcils et renifla sa tenue, dubitative. effectivement, elle sentait mauvais, un peu comme des égouts. Maugréant contre les soigneurs qui n'avaient même pas pris le temps de la laver, elle se retourna vers son armoire, attrapa machinalement une tunique de cuir a manche longue et se rendit dans sa salle de bains.
L
a pièce était basse de plafond, carrelée de noir et de gris pâle. Une immense baignoire en marbre était creusée à même le sol, en dessous de l'unique fenêtre, masquée par un épais rideau de velours couleur de jais. L'atmosphère sombre et confinée de la pièce apaisa Tenea et elle sentit l'angoisse la quitter petit à petit. La jeune fille fit couler l'eau, et seshabilla. L'immense miroir qui trônait sur l'un des murs lui renvoya le reflet d'une belle jeune fille au corps musclé, svelte et élancé. Un large pansement au coté l'intrigua. Elle entreprit de l'enlever délicatement, grimaçant lorsque un morceau de peau à vif restait collé à la compresse. L'odeur du sang la fit frémir. Tenea inspecta la plaie pratiquement refermée. Elle était longue, boursouflée par endroits, et apparemment profonde puisque deux jours n'avaient suffis à la refermer. Quelques bleus et cicatrices subsistaient encore à diverses endroit, ainsi qu'un hématome violacé à sa cheville droite. La jeune fille l'empoigna et la fit tourner doucement. Un élancement remonta le long de sa jambe.

«
j'ai du me la casser...Cette nuit là. »

La vap
eur d'eau commença à couvrir le miroir et Tenea s'arracha de sa contemplation pour se glisser avec un soupir de contentement dans son bain bouillant. Les yeux fermés, elle laissa ses pensées vagabonder vers un autre monde, un autre temps, une autre année. L'année 1789.



L
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# Posté le lundi 12 novembre 2007 15:35

Modifié le mardi 28 octobre 2008 07:22

Chapitre II -- Partie 3

Chapitre II -- Partie 3
« Elle empoigna alors le manche noir de son couteau et, une arme dans chaque main, elle se propulsa au centre de la clairière, vers la plus proche créature, prête à tuer. »



Tenea ouvrit brutalement les yeux. Elle essuya du revers de la main la sueur qui avait commencée à perler sur son front; incapable de dire si elle était due à la chaleur de l'eau ou aux souvenirs qui avaient pris possession de son esprit. Mais la réalité tomba sur elle comme une pierre et Tenea ne put empêcher une larme amère de couler le long de sa joue. La jeune fille chassa les dernières bribes de souvenirs et s'arracha à contre-coeur de l'eau bouillante. Une fois séchée et habillée, elle se jugea à peu près présentable et sortit dans le couloir aux murs bordeaux. Des appliques noires diffusaient, à intervalles réguliers, une lumière tamisée qui tombait en taches brunes sur le parquet de chêne. Un corridor, sombre, comme l'était n'importe quelle pièce de l'immense demeure. Tenea commença à avancer,passant d'autres couloirs, empruntant de majestueux escaliers de marbre. Elle se repérait sans peine dans cette maison qui était la sienne depuis tant d'années. Elle en connaissait par c½ur les moindres recoins; et l'étage dans lequel elle se rendait était incontestablement celui qu'elle détestait le plus...
Les r
ares habitants qu'elle croisait la saluaient poliment, certains avec indifférence, mais d'autres lui montrait une certaine déférence, ce qui ne l'étonna pas. Les nouvelles faisaient très vite le tour de la demeure.
La jeune fil
le finit par s'arrêter devant un immense escalier de marbre blanc, majestueux, recouvert d'un tapis de soie fine couleur ivoire.
Son
visage se crispa et un désagréable picotement se répandit dans son dos. Tenea prit une profonde inspiration et commença à monter les marches avec appréhension. Elle déboucha ensuite dans un large couloir entièrement blanc et étincelant bien que très peu éclairé. Ses jambes commencèrent à trembler tandis qu'un filet de sueur roulait le long de son visage diaphane. Elle s'accrocha à la rampe qui courait le long du mur et ferma les yeux pour tenter de calmer les battements de son c½ur et atténuer sa nausée. Sans succès. La blancheur l'écrasait de tout son poids et sa faiblesse était encore trop forte pour qu'elle puisse lui résister. Tenea s'écroula sur le sol carrelé, fiévreuse et tremblante, la main devant la bouche et la peau tellement pâle qu'elle en devenait translucide. Soudain, un grincement étouffé se fit entendre, et les ténèbres s'ouvrirent au loin.

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# Posté le mardi 13 novembre 2007 15:07

Modifié le dimanche 08 mars 2009 11:47