...

...



V
oilà, le prologue est fini. On entre dans le vif du sujet avec le premier chapitre.
Je préfère préciser que le reste de l'histoire se déroule à notre époque.

J
'espère que la mise en page et la décoration vous conviennent.
Si vous avez la moindre remarque, n'hésitez pas.



# Posté le mercredi 07 novembre 2007 09:35

Modifié le dimanche 08 mars 2009 11:42

Chapitre I -- Partie 1

Chapitre I -- Partie 1

Chapitre 1
Traquée




Une silh
ouette noire passe furtivement dans le pâle halo blanchâtre de la lune. Son ombre gracile se détache un court instant des toitures délabrées et instables qui couvrent les vieilles constructions branlantes, avant de se fondre de nouveau dans la nuit. De nombreuses tuiles glissent sous son poids, mais chaque fois elle se rattrape avec agilité. Elle s'arrête un instant, adossée contre un pan de mur en ruine qui devait auparavant marquer le début d'un petit balcon. Une tunique de cuir noir éraflée et poussiéreuse moule un corps de jeune fille dont la poitrine se soulève rapidement au rythme de sa respiration précipitée. Celle-ci ôte sa cagoule d'un coup sec et inhale à fond l'air frais de la nuit, avant de jeter son capuchon derrière elle et de reprendre sa course effrénée de toits en toits. De nouveau, les nuages s'écartent, laissant passer un timide rayon de lune qui vient éclairer furtivement un visage pâle, encadré de courts cheveux noirs emmêlés.
Soudain
la jeune fille se jette dans le vide et dégringole vers le noir de la rue, quatre mètres plus bas. Elle se réceptionne souplement; ses genoux ont a peine le temps de se poser sur les pavés détrempés que déjà ses pieds la propulse en avant.
La plui
e tombe de plus en plus drue...
Et
la jeune fille cours de plus en plus vite...





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# Posté le mercredi 07 novembre 2007 14:24

Modifié le mercredi 25 mars 2009 15:27

Chapitre I -- Partie 2

Chapitre I -- Partie 2

Tenea ignorait l'étau qui lui
enserrait la poitrine, emprisonnant ses poumons et compressant son c½ur, rendant chaque inspiration de plus en plus douloureuse. Tout comme elle ignorait les élancements incessants qui montaient du coude à l'épaule gauche. Le sang s'écoulait, chaud et poisseux, d'une profonde coupure au coté. Les taches sombres s'effaçaient vite des pavés détrempés, emportées par l'eau qui tombait drue sur la ville. Mais Tenea savait que l'odeur du sang était plus forte que tout, et qu'elle traînait derrière les marques macabres de sa fuite. Car une seule chose importait pour elle désormais: survivre.
Alo
rs elle courait, slalomant entre des maisons délabrées aux vitres noires d'une crasse qu'aucune averse ne pouvait nettoyer, s'enfonçant dans d'obscures et étroites ruelles. Car son unique chance était de les semer; et elle mourrait d'épuisement plutôt que de se laisser attraper. Un rapide coup d'½il dans son dos, elle ne les voyait plus, depuis plusieurs minutes déjà; mais au lieu de s'en réjouir, cela ne fit qu'augmenter son angoisse. Ils la pistaient comme des limiers. Dans cette course-poursuite désespérée, elle était la proie.
Soud
ain, faute d'une seconde d'inattention, la jeune fille glissa sur une dalle et ne se rattrapa que de justesse au rebord ébréché d'une fenêtre condamnée. Mais la pierre usée ne put supporter son poids et s'effondra, entraînant Tenea dans sa chute. Elle s'étala brutalement sur le sol détrempé, propulsant des gerbes d'eau sale autour d'elle et provoquant une violente douleur dans son épaule. Jurant contre les précieuses secondes que cette chute stupide lui avait fait perdre, elle se releva aussi vite que ses jambes fatiguées le lui permettaient et reprit tant bien que mal sa course désespérée.

« Je ne p
ourrais plus tenir longtemps... »

E
lle avait beau réfléchir, Tenea ne voyait aucun moyen de sortir de ce piège qui, lentement, refermait ses mâchoires d'acier sur elle. A moins que...

« Une
bouche d'égout! »

La jeune
fille se laissa tomber devant la grille aux barreaux rouillés et n'eût aucun mal à la soulever. Jetant un dernier regard derrière elle, Tenea inspira profondément et glissa vers les ténèbres puantes sous ses pieds.



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# Posté le vendredi 09 novembre 2007 15:45

Modifié le mardi 28 octobre 2008 07:17

Chapitre I -- Partie 3

Chapitre I -- Partie 3

Tenea atterrit jusq
u'aux genoux dans une eau croupie et noire. Les égouts, ne fonctionnaient plus depuis des années. Ils étaient devenus le repère des vermines et charriaient toutes sortes d'immondices en décomposition. Cela avait néanmoins le mérite de masquer l'odeur de la jeune fille. Celle-ci laissa ses yeux fatigués s'habituer rapidement a l'obscurité. Elle se trouvait dans l'ancienne partie des égouts. Les murs de briques ébréchées et disloquées, couvertes de moisissures, se rejoignaient en formant une voûte basse à laquelle pendait misérablement d'anciennes lampes de fer crasseuses ainsi que les câbles électriques qui les alimentaient.
Tenea fronça l
es sourcils. L'eau ruisselait abondamment le long des parois de pierre du boyau, elle avait déjà atteint la moitié du mur.

« A cette
vitesse là, dans moins d'un quart d'heure l'eau aura atteint le plafond... »

M
ais elle n'avait pas le choix, c'était ça ou une mort quasi-certaine si elle refaisait surface immédiatement.
Tenea s'autorisa u
ne minute de repos avant de repartir en petites foulées le long du couloir obscur, projetant des gerbes d'eau autour d'elle. Malheureusement au bout de quelques minutes, la jeune fille due se rendre à l'évidence: elle était perdue. L'eau lui arrivait maintenant à la taille, rendant chaque pas de plus en plus difficile. Elle s'aggripait maladroitement aux murs glissants mais cela ne l'aidait pas. Parfois, une vague plus puissante que les autres l'entraînait et la jeune fille devait alors employer toute son énergie pour nager afin d'atteindre les allées latérales et retrouver pied. La panique menaçait d'éclater et une peur sournoise s'insinua lentement dans son esprit, mais Tenea la rejeta immédiatement: elle n'avait peur de rien, et surtout pas de la mort! Cependant, ses convictions se brisaient autant qu'augmentait la hauteur de l'eau, et lorsque elle fut soulevée par les vagues noires, c'est avec l'énergie du désespoir qu'elle se débattit. La panique submergea Tenea et elle commença à se battre avec une frénésie qui en temps normal, l'aurait étonnée. Hélas, rien n'y fit. L'eau était un ennemi plus fort qu'elle, qu'aucune épée ne pouvait atteindre. Elle se sentait happée vers le fond, dans l'abysse bouillonnante qui la projetait contre les murs à son gré, comme si elle n'était rien de plus qu'une poupée de chiffon. Soudain, alors qu'elle s'était résignée à mourir noyée, Tenea aperçut une faible lueur blafarde trouant les ténèbres qui l'entouraient et l'engloutissaient. Une sortie.


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# Posté le samedi 10 novembre 2007 11:43

Modifié le vendredi 27 mars 2009 15:36

Chapitre I -- Partie 4

Chapitre I -- Partie 4


Presque instantanément, une vague de chaleur envahit le corps meurtri de la jeune fille et ranima ses membres engourdis. Nageant tant bien que mal, luttant de toutes ses forces et sa volonté, Tenea parvint à s'aggriper aux barreaux rouillés de la grille. Son soulagement fut hélas de courte durée, le jeune fille se rendit vite compte qu'elle ne pouvait l'ouvrir; cela impliquait qu'elle lâche les barreaux d'abord, et elle serait immédiatement happée par les flots écumants. Hurlant de rage et de désespoir, elle se mit à frapper le fer, se meurtrissant le poing à chaque coup, battant frénétiquement des pieds pour maintenir sa tête dans les quarante centimètres qui restaient entre l'eau noire et le plafond couvert de moisissures. Soudain, son pied heurta un obstacle sur le mur. Tenea maudit intérieurement sa bêtise. Une échelle, évidemment. Elle cala ses jambes derrière deux barreaux, banda ses abdominaux et lâcha. Immédiatement elle se sentit poussée sur le coté, mais tint bon. La grille fut projetée au loin sous la force de coup et Tenea put s'extirper enfin des égouts meurtriers. Mais au moment de sortir sa jambe, la jeune fille se rendit compte avec horreur que son pied droit était coincé derrière les barreaux de l'échelle.

-O
h non c'est pas vrai... gémit-elle.

Soudain,
un brusque changement d'atmosphère fit se glacer son sang.

« Ils
arrivent »

Sans réf
léchir davantage, Tenea tira d'un coup sec sur sa jambe qui segagea avec un craquement écoeurant. Une douleur fulgurante remonta le long de sa jambe et la fit vaciller. Elle mit plusieurs secondes avant de se rendre compte que son pied était décoincé elle s'extirpa tant bien que mal de la bouche d'égout qu'elle recouvrit de la grille,avant de se traîner vers un coin sombre. Elle pressa de ses mains gercées et tremblantes sa cheville qui déjà commençait à enfler dans sa botte de cuir. La douleur lui arracha une unique larme, amère. Elle aurait aimé rester là, tapie dans l'ombre réconfortante, à attendre que ses forces reviennent et que la souffrance s'en aille. Hélas, elle les sentait encore proches d'elle. Trop en tout cas pour qu'elle puisse s'octroyer ne serait-ce qu'une minute de repos. Tenea se releva lentement en prenant appui contre le mur, et elle regarda autour d'elle.


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# Posté le samedi 10 novembre 2007 12:21

Modifié le dimanche 08 mars 2009 11:45